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jeudi, 17 janvier 2008

La femme au bus dormant

Il était une fois, dans une ville pas si lointaine, vivait une demoiselle qui se prénommait Moi.

Chaque jour, elle se levait dès l’aube et tandis que la nuit était encore bien épaisse, elle prenait le chemin du Royaume Société, contrée de bénéfices qui lui permettait de gagner dignement sa vie. Par un froid matin d’hiver, le réveil de la jeune femme se mit à sonner à une heure encore plus matinale que d’ordinaire : un dossier urgent grignotait tout son temps libre.

Epuisée par sa courte nuit de sommeil, Moi manquât à plusieurs reprises de s’endormir sous la douche. Sa conscience professionnelle l’aida pourtant à ne pas succomber à la tentation de la couette. Sans même prêter attention au choix de matière et de forme, elle parvint à enfiler une tenue confortable, qui ne lui demanderait aucun effort de maintien tout au long de la journée. Mieux valait risquer de ressembler à un sac, que de subir le courroux de Patron, le monarque tyrannique qui dirigeait le Royaume Société.

Tandis qu’elle descendait les escaliers escarpés qui la menaient jusqu’à son arrêt d’autobus, Moi pensait déjà au plaisir de retrouver son lit et les bras de son Man le soir venu. Bien qu’elle n’eût pas de forêt hantée à traverser, Moi croisait sur chaque trajet bon nombre de créatures étranges, échappées d’appartements divers et variés.

Ce matin-là, assis à sa droite, un spécimen d’une rareté absolue disparaissait sous une doudoune immense. Sans le sac à main et les ballerines, il eût été impossible de déterminer le sexe avec certitude. Mais les accessoires trahissaient la présence d’un individu femelle. Le seul son qui émanait d’elle était celui de ponctuels ronflements. Amusée, Moi hésitait entre laisser cette femme dans les bras de Morphée, ou la secouer en douceur afin qu’elle ne manque pas son arrêt… Elle décidât qu’il serait bien plus amusant de l’observer se réveiller en sursaut et réaliser qu’elle se trouvait à l’autre bout de la ligne. Pas très sympathique, mais tellement parisien

Soudain, les ronflements prirent une telle intensité, qu’ils finirent pas alerter le chauffeur du bus. Effrayé, il arrêtât l’engin et sortit de son habitacle. « Ben ça ronfle bien, pour une gonzesse ! C’est fou ce que ça ronfle ! ». Et il éclatât de rire avant de retourner à son volant.

Quant à Moi, elle jura de ne jamais être aussi ridicule, même si ça ne tue pas. Elle continua son trajet heureuse et rêvât (sans émettre un ronflement), qu’elle aurait beaucoup d’enfants !

22:50 Écrit par Sheily Parisienne dans Pipelette | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bus, ratp, transports en communs, ronflements, paris |

dimanche, 06 janvier 2008

Si Robert Doisneau m’était conté…

« J’prends des tonnes de photos, c’est la faute à Doisneau… » ! En fait, c’est plutôt la faute au numérique.

Je possède depuis quelques jours un nouveau jouet rose fushia qui, outre le fait d’être trop mignon, sert également à flasher tout ce qui bouge ! J’ai peu insisté sur les portraits : famille, amis et My Man se sont vite agacés de servir de cobayes, et les Autres ne sont pas assez beaux.

Lasse de photographier mes vêtements, mon maquillage et mes accessoires (sacs, bijoux, souliers vernis et « chaussettes rouges et jaunes à petits pois »), je prends conscience de la nécessité de donner du sens à chaque tirage. Mais comment donner du sens quand on n’a aucun savoir-faire et que l’on choisit son matériel en fonction de son design? Une fois encore, mon cerveau en perpétuel bouillonnement créatif me montre la voie : « De Paris que tu aimes à la folie, collectionnes les images les plus jolies ». Voici donc les premiers clichés de ma première composition picturale, « My Black and White Paris ».

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18:35 Écrit par Sheily Parisienne dans Pipelette | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monuments, paris, photos, robert doisneau |

dimanche, 02 décembre 2007

Amour chaotique en haute résolution

A la seconde même où mon regard s’est posé sur lui, j’ai su que c’était le bon. Taille : 19’’. Couleur : laqué noir. Signe particulier : écran panoramique. Il n’en fallait pas plus pour que je décide de rompre avec mon ancien moniteur.

Le nouveau, plus jeune et surtout plus svelte, allait habiller mon bureau d’une touche high-tech qui lui était jusque-là inconnue. Avant même que le vendeur ne demande s’il pouvait me renseigner, je me jetais à ses pieds pour qu’il remplisse le bon de vente au plus vite, la fermeture du magasin étant imminente. En repartant dans la nuit, mon bel écran sous le bras, je trépignais d’excitation à l’idée de notre tête à tête cathodique.

Notre première nuit tenait du rêve : déballage en douceur, installation technique, tests en série… Screeny (c’est son nom), s’est montré dans toute sa luminosité et son contraste. La seconde soirée a tourné au cauchemar. Problème de résolution à l’allumage, panique pour résoudre l’affichage, des larmes de rage et un clic de trop… J’ai tué ma carte graphique.

Bilan de l’opération : 5 jours d’écran noir avant que mon meilleur ami-et-sauveur ne répare les dégâts (ne jamais compter sur My Man dans ce genre de situations…). Depuis, j’entretiens à nouveau une relation fusionnelle avec Screeny. Et surtout j’ai appris qu’en informatique, il ne faut jamais coucher le premier soir…

21:15 Écrit par Sheily Parisienne dans Pipelette | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : écran, ordinateur, informatique, panne |

lundi, 19 novembre 2007

Armes biologiques en libre circulation à la RATP

Comme tous les usagers des transports en commun, je suis une victime co-latérale de la grève.

Tous les matins, sans jamais me plaindre, j’enfile les vêtements les plus chauds et les plus confortables (soigneusement assortis à mon sac à main car les grèves n’auront pas la peau de mon style impeccable), et je me mets en marche. User mes petits souliers en trottant des kilomètres dans le froid me contrarie peu, puisque cet exercice me permet de suivre le message sanitaire à la mode : « Pour votre santé, pratiquez une activité physique régulière ». Ainsi conditionnée, ma bonne volonté me laisse croire au miracle lorsque je vois passer un bus dont les passagers ne sont presque pas écrasés contre les vitres. Je fais signe au chauffeur, grimpe à bord, valide joyeusement mon passe Navigo, le bus redémarre… et la Bombe Humaine explose.

Sur ma droite, une femme, tout ce qu’il y a de respectable, n’en finit plus de tousser. Au début, de timides quintes de toux. J’imagine qu’elle a un chat dans la gorge, que ça va passer. Mais ça ne passe pas : ça augmente à chaque seconde. Bombe Humaine se racle la gorge, crache ses poumons, siffle, marque une pause, jette des regards apeurés sur ses co-voyageurs, toussote, puis repart dans une nouvelle série expectorante… Un vide se forme imperceptiblement autour d’elle. Brefs échanges de regards, détournements de têtes discrets : nous voulons tous survivre à cette attaque bactériologique. L’espoir renaît à la station République (hasard ou coïncidence ?). Bombe Humaine se voit happer par le flot de passagers qui descendent. Une onde de soulagement illumine les visages de tous les rescapés, qui doivent partager la même pensée que moi : quand on est aussi malade, on reste au lit et on ne va pas travailler. SURTOUT un jour de grève.

07:55 Écrit par Sheily Parisienne dans Pipelette | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bus, ratp, transports en communs, grève, santé, paris |

jeudi, 18 octobre 2007

Course-poursuite un jour de grève

Des années durant, j’ai joui du privilège rarissime de travailler à moins de 10 minutes à pied de mon domicile. Ainsi, chaque fois que mes collègues se plaignaient de grèves dans les transports, je compatissais à peine à leurs récits de parcours du combattant.

Depuis la dernière grève, l’ère du studio-boulot-dodo est révolue : mon employeur a changé et j’ai déménagé à 30 minutes à pied du bureau. Comptez 45 minutes au retour, car ça grimpe sec et je suis moins performante après une journée d’efforts intellectuels intenses, de commérages et de pauses Coca Zéro. C’est donc avec bravoure (mes basket bleues et mon MP3) que je me mêle au peloton des marcheurs. Entraînée par une musique endiablée, je prends la tête, convaincue de battre des records de cadence. Soudain, je me fais doubler… par une mamie à trottinette ! Agée d’au moins 70 ans, elle a beau courber l’échine et manier son engin avec maladresse, elle file mamie ! Légèrement choquée, je perds quelques places avant de reprendre mes esprits. Accélération : je dépasse cette concurrente inattendue. Contrôle : je la sème et reprend ma vitesse de croisière. J’approche de la destination finale avec satisfaction, quand mamie sur roulettes déboule sur ma droite et franchit la rue d’arrivée sous mon nez. Quelle honte ! Tandis que certains manifestent pour une retraite anticipée, une personne âgée me coiffe au poteau.

Mon slogan du jour : « Roulez vieillesse » !

22:45 Écrit par Sheily Parisienne dans Pipelette | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : grève, transports, ratp, paris |

lundi, 24 septembre 2007

Dialogue de sourds sans eau chaude

Un jour sans eau chaude, c’est comme un jour sans… fringue! Hier soir, j’ai constaté que l’eau du robinet était suspicieusement tiède. Alors j’ai prié, prié et prié pour que ce léger désagrément soit juste une illusion… Au réveil, je découvre avec horreur que mon instinct ne m’a guère trompé : la chaudière est en panne.

Non seulement la journée commence mal, mais en plus elle va me coûter l’équivalent de deux paires de chaussures (voire plus) ! Prête à tout pour échapper au supplice de la douche (certes tonifiante, mais par-dessus tout froide), j’opte pour une succession de positions acrobatiques. Elles me permettent d’assurer le maximum d’hygiène, tout en garantissant un minimum d’immersion. Fraîche mais peu dispose, je démonte le panneau frontal du chauffe-eau… et le referme aussitôt. Ce genre d’opération se révèle un très mauvais plan pour mon vernis. Grâce à Dieu, j’ai toujours sur moi le numéro de Mr Bee, mon sauveur-plombier.

Moi : « Bonjour Monsieur, je n’ai plus d’eau chaude et je me demandais quand vous pourriez passer »

Lui : « Plus d’eau chaude ? Ça c’est la résistance ou le thermostat »

Moi : « Ah ? Sans doute…»

Lui : « Mais vous avez regardé si c’est la résistance ou le thermostat ? »

Moi : « Euh… j’ai essayé mais j’ai pas tout compris… Vous pouvez passer quand ?»

Lui : « Ah ben je sais pas… Si c’est la résistance ou le thermostat… Vous avez testé ? »

Moi : « Pas vraiment, mais c’est pour ça que je demandais quand vous seriez dispo… »

Lui : « Là, vraiment, si c’est la résistance ou le thermostat… Je sais pas… Je suis débordé… Bon, demain à la première heure »

Moi : « Très bien, merci beaucoup ! »

Je raccroche, mi-soulagée à l’idée de retrouver le confort moderne, mi-déprimée par la perspective d’attendre mon sauveur-plombier des heures durant…

Ce matin, Mr Bee a sonné à 8h pétantes ! Quinze minutes chrono et le pro a terminé le boulot (« C’était la résistance. Je vous l’avais dit »). Le tout pour moins cher qu’un tube de gloss !

22:10 Écrit par Sheily Parisienne dans Pipelette | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : plombier, chaudière, eau |

 
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