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mercredi, 30 juillet 2008

Vide ferroviaire

Qui aurait imaginé qu’un TGV au départ de Paris et à destination de Cannes, en plein mois de juillet, n’affiche pas complet ? Certainement pas moi.

Habituée à faire dans le train les rencontres les plus folles (non, je n’ai pas rencontré Lhomme dans un TGV), je n’ai aucune chance de tisser de nouveaux liens au cours de ce voyage : la place d’à côté reste désespérément vide. Pas un froissement de boîte de gâteau, ni même le son d’un MP3. Pas de voix d’enfant, de ragot de commère, de sonnerie de téléphone ou de baiser d’amoureux. Le calme le plus plat règne dans la voiture.

L’avantage, c’est que je prends mes aises. L’inconvénient, c’est que je n’ai pas d’autre choix que de travailler. Si j’avais su, je serais restée aux Buttes Chaumont.

Pour sourire, voici ici et deux photos insolites trouvées au détour d’une errance.

06:21 Écrit par Sheily Parisienne dans Insolite, Voyages | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : voyage, train, tgv, cannes, mougins, insolite |

mardi, 29 juillet 2008

Les affaires sont dans le sac

Pas de piscine aujourd’hui car je voyage et je n’ai pas une minute à perdre. Il est 7h, mon train quitte la Gare de Lyon à 17h39 et j’espère avoir assez de temps pour remplir mon sac pour deux nuits. Je compte profiter de ce court séjour à Mougins pour faire un peu de shopping et passer à la plage. Il me faut donc les tenues adéquates pour chaque activité.

Le compte à rebours démarre par une séance de soins du visage dans ma salle de bains institut : gommage et masque s’imposent pour préparer ma peau au soleil. Une fois pimpante, je réfléchis à une tenue chic et sport pour voyager confortablement. J’opte pour le look jean, sandales et T-shirt étoilé (je suis une star).

Ceci accompli, j’arrose mon hibiscus avant que le soleil ne frappe trop fort. Je tiens à lui offrir un dernier verre avant de partir car je ne peux pas compter sur Lhomme pour cette mission trop délicate.

Je consacre l’heure suivante à parfaire manucure et pédicure. Du rouge sur les orteils, du vernis transparent pour les ongles des mains. Mieux vaut rester sobre : je ne vais pas au bal, je prends le train.

A peine le temps de lire mon courrier, envoyer trois mails, passer trois coups de fils et en recevoir deux, je dois penser à ma trousse de toilette. Brosse à dents (pour mon sourire tout neuf), déodorant, crème visage, crème pour le corps, crème pour les mains, crème pour les pieds, gant de crin, cotton-tiges, demake-up, parfum... Rien ne manque.

J’avale une salade sur le pouce et je vois l’heure du départ approcher tandis que le sac n’est toujours pas prêt.

En seulement deux heures, je boucle mon bagage avec :

  • 3 ensembles pour sortir
  • 3 paires de chaussures
  • 3 tenues de plage
  • 1 tenue pour dormir
  • des sous-vêtements

Comme je préfère voyager léger, je ne prends pas de sac à main, bijoux ou lunettes de rechange. Ceux que je porte s’assortiront avec tout. Je vérifie que j’ai bien sur moi mon nécessaire à maquillage, mon mp3 et mon appareil photo.

Comme Lhomme comprend qu’il aura droit à une crise si je manque mon train, il propose gentiment de me déposer. A 17h35, je sprint sur le quai avant de sauter avec grâce dans ma voiture. Les portes se referment dans mon dos. Heureusement que je me suis levée à 7h.

En bonus, vous trouverez ici une photo du Passage du Plateau, sans doute une des rues les plus étroites de Paris !

06:28 Écrit par Sheily Parisienne dans Dédale de rues, Voyages | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : voyage, train, tgv, cannes, mougins, passage du plateau |

mercredi, 25 juin 2008

Une parisienne à Marseille : les amitiés du TGV

Je n’ai pas d’attache particulière avec Marseille, mais des impératifs professionnels m’obligent à m’y rendre régulièrement. Fort heureusement, chaque séjour dans la cité phocéenne s’apparente bien plus à un week-end de détente qu’à une réunion de travail, ce qui justifie un plaisir sans cesse renouvelé à la perspective de ces déplacements.

Et puis ces voyages représentent autant d’occasions de tisser des liens éphémères mais inoubliables avec de nouveaux compagnons. Comme ma Nouvelle Meilleure Amie du week-end dernier.

Brune, pétillante, la cinquantaine, La Copine était déjà assise dans le TGV quand je suis montée. Mais le style inimitable avec lequel j’ai placé mon sac dans « l’emplacement prévu à cet effet » l’a beaucoup impressionnée : La Copine a déserté son siège pour venir s’installer dans mon « carré ».

Entre amis, on se dit tout, on ne se cache rien. Ainsi La Copine s’est livrée avant même le départ : « J’espère que je ne pue pas trop ! Je cours après les trains depuis ce matin ». Malgré le manque de preuve olfactive suspecte autour de moi, je lui propose les services de mon déodorant en spray de sac (Clarins, s’il vous plaît). Elle décline mon offre avec un sourire. Je range mon arme avec méfiance, tandis que la Copine poursuit de sa langue bien pendue : « Je ne regarde pas la télé. Mais j’en ai une ! Faudrait pas me prendre pour une nulle ! Mais j’écoute les infos à la radio ». J’ai dégainé mon livre à cet instant, la contraignant à… parler toute seule.

Cette ruse m’a accordé un long moment de répit. Mais quand par malheur j’ai levé les yeux sur La Copine entre deux chapitres, elle ne m’a pas loupée : « Le train arrive à quelle heure à Marseille ? Je dois aller jusqu’à Hyères, mais si vous me donnez l’heure d’arrivée à Marseille, j’appelle mon mari pour qu’il vienne me chercher. Je donnerais n’importe quoi pour écourter le trajet… Parce que je viens de St Malo et j’ai déjà fait 3h de train dans la matinée. Puis le métro. Et encore ce train ! Désolée de vous embêter… ». J’ai donné l’info et replongé dans mon livre sans quitter les pages jusqu’à destination.

En gare de Marseille, La Copine a rassemblé tous ses bagages en un tour de main au m’a souhaité un bon week-end. « Je suis tellement heureuse que mon mari soit venu me récupérer ». J’étais si émue que j’ai bien failli lui demander son prénom…

 

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01:11 Écrit par Sheily Parisienne dans Pipelette, Voyages | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : marseille, tgv, amitié |

mercredi, 12 mars 2008

Mutant des rails

Le TGV est sur le point de démarrer et je suis terriblement contrariée. Non pas à cause de ma place (en 1ère classe on ne manque ni de confort, ni d’espace, grâce aux tarifs sacrifiés du ID TGV), mais faute d’avoir transféré sur mon MP4 les derniers épisodes de Gossip Girls et Desperate Housewives (un aperçu de mes goûts éclectiques et hautement intellectuels). Résultat, mon voyage en train va se transformer en promenade culturelle, puisqu’il ne me reste pour seule activité la lecture et l’écoute de musique. Ainsi, à trop prétendre avoir de l’esprit, je pratique contre ma volonté des loisirs qui entretiennent ma culture générale. Je me console cependant rapidement : le sud de la France est à portée de voies. Et d’ici quelques minutes, je profiterai de deux sièges pour étendre mes jambes, m’assoupir et oublier cet énorme désagrément.

Mon rêve se brise deux secondes avant la fermeture des portes. Il arrive sans un bruit. Il s’installe sans un bonjour. Et il porte un pantalon en velours de couleur brique. Il, c’est mon voisin de rangée. Le personnage se montre si antipathique, que je le juge indigne de partager mon stock de chewing-gum sans sucre aux parfums féeriques. Choquée par son manque d’éducation, je tourne la tête côté fenêtre, afin d’éviter tout échange de regard avec un être aussi grossier. Le paysage au sortir de Paris étant ce qu’il est (surtout sous la pluie), je m’endors. 

Un frottement léger et régulier finit par me tirer de mon sommeil. Poussée par la curiosité, je daigne jeter un oeil discret du côté du voisin. Un spectacle horrible se déroule sous mes yeux : la peau de son visage pèle par lambeaux entiers. Il se gratte méthodiquement après avoir tourné chaque page de son livre, geste compulsif qui le débarrasse des peaux mortes. J’ignore s’il s’agit d’eczéma, de psoriasis ou je ne sais quelle maladie, donc j’hésite à lui conseiller une crème, un remède, un dermatologue, que sais-je encore… J’aimerais tellement sauver cet homme. 

Puis son manque de correction initiale me revient à l’esprit. Je mets mes lunettes de soleil, monte légèrement le son de la musique pour ne plus me laisser distraire par les grattements, puis affiche un sourire narquois, en pensant que si j’étais la peau de cet homme, je tenterais tout pour me décoller.

07:00 Écrit par Sheily Parisienne dans Pipelette, Voyages | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : voyage, train, TGV, mutant, rails |

 
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